- Bio, du grec bios, « vie » ; * techno : du grec tekhnê : « art, métier, savoir-faire »
Le mot technologie apparaît en 1656 ; il définissait l’«étude des outils, machine et matière première ». Mais le terme « biotechnologie » est inventé en 1917 par l’économiste Karl Ereky. Il décrivait, déjà, sa conception d’une agriculture industrialisée et considérait « les animaux comme des machines biologiques transformant la matière brute en produits finis ». Aujourd’hui, les « biotechnologies » peuvent se définir comme «des techniques produisant par manipulations génétiques des molécules biologiques ou des organismes transgéniques en vue d’applications industrielles». L’OCDE nous renseigne un peu plus avec sa définition, et commence, bien sûr, à nous les vendre : « application de la science et de la technologie aux organismes vivants à d’autres matériaux vivants ou non vivants, pour la production de savoir, biens et services.»
Nous parlons donc bien de vivant avec « bio ». Mais tous ne voient pas le vivant avec le même œil. François Jacob (académicien, prix Nobel de physiologie…) explique qu’ « il y a continuité entre la nature et les biotechnologies. Celles-ci sont une extension de processus biologiques existants. Elles ne sont ni une anti-nature, ni une contre-nature, mais une nature un peu différente. »
« Différente... ! » L’utilisation massive, avec les dégâts connus sur le milieu et les hommes, de pesticides, fongicides, herbicides, biocides, bactéricides, engrais fait que les « biotechnologies » relèvent plus, comme le souligne Jean-Pierre Berlan (chercheur à l’INRA) de « nécro-technologies » (du grec nekros, « mort »). Les fabricants de ces substances, nous dit-il, « se déguisent en industriels des sciences de la vie pour mystifier leur objectif final : la stérilisation des êtres vivants par tous les moyens, biologiques, économiques, réglementaires ou légaux ».




