Par François Simon
« 2008, année des municipales, année cruciale pour Toulouse ! Espérons la défaite de la droite.
Son bilan est sévère. Longtemps portée par une dynamique économique et démographique impulsée par l’aéronautique, elle s’est contentée de cette situation de rente, modernisant en surface la ville, gérant le présent, ne préparant pas l’avenir .
Etalement urbain non maîtrisé, laissé aux mains du marché et de la spéculation, sous-estimation totale du risque que faisait porter une économie portée par la seule mono-industrie aéronautique, le bilan est lourd.
Une agglomération de cent kilomètres de rayon nous approche du seuil de l’invivabilité. Les patrons d’Airbus ou de Dassault affirment leur volonté de délocaliser, incitent leurs sous-traitants à le faire. Le soldat Airbus sera sauvé, au prix de la destruction de nombreux emplois dans la région.
Le constat ne s’arrête pas là. L’envolée des prix du foncier, jamais régulé, aggrave la crise du logement, logement social tout d’abord, mais aussi du logement accessible en ville aux couches populaires et moyennes. Toulouse, reine du laisser faire est devenue leader des résidences défiscalisées ou protégées !
La crise sociale s’aggrave. Le taux de chômage dans les quartiers populaires perdure. Les discriminations sont monnaie courante. Il est de plus en plus difficile de vivre dans ses quartiers, et même d’en sortir.
Ces difficultés sociales touchent également d’autres couches de la population, par exemple les personnes âgées. Le prix des loyers, le coût de la dépendance est incompatible avec leurs retraites. De grands groupes privés s’engouffrent dans « le marché des seniors, de la dépendance ».Cela touche les personnes âgées mais aussi leurs familles.
L’organisation d’une vie démocratique est confisquée. La « démocratie de proximité » a consisté à mettre en place des conseils de quartier cooptés, où la municipalité vient présenter ses décisions. Les maisons de quartier n’ont aucune autonomie de fonctionnement.
C’est à cette catastrophe annoncée que « L’autre liste » veut répondre. Elle a ébauché un projet découpé en cinq chapitres, proposant au débat dès aujourd’hui plus de cent cinquante propositions. En voici quelques unes.
Face à l’urgence écologique, nous demandons la gratuité des transports en commun. C’est une mesure essentielle, écologique et sociale. Aujourd’hui le prix des billets ne représente que 17% des recettes. Pour un jeune, le prix annuel du transport est supérieur à une inscription universitaire. La droite envisage un projet d’environ un milliard d’euros pour le grand contournement, ce qui représente plus de trente ans de gratuité des transports !
Nous demandons de réexaminer le projet de développement de l’agglomération dans un plus grand partenariat avec l’ensemble des villes du Sud-Ouest, un aménagement harmonieux du territoire.
Nous voulons que des règles sociales et écologiques soient intégrées dans le Plan Local de l’Urbanisme.
Nous voulons favoriser les circuits courts qui réduisent la facture énergétique et stimulent l’économie locale et ses emplois.
Nous voulons remunicipaliser les services de l’eau ou les parkings, afin de mieux maîtriser les facteurs écologiques
Pour la Démocratie, nous voulons instaurer des conseils de quartier ouverts à tous, possédant un budget participatif propre et ayant la responsabilité de gestion des salles de quartier.
Nous voulons créer une maison des droits, droit des femmes, défense des droits humains.
Pour répondre aux urgences sociales, nous voulons permettre la mixité sociale également à partir de l’emploi en facilitant aux habitants des quartiers populaires de travailler en dehors de leurs quartiers, à l’inverse de ce que propose les Zones Franches Urbaines.
Nous demandons une justice fiscale, que les bases du taux d’imposition ne soient plus les mêmes à Empalot, au Mirail et place Saint-Georges
Nous voulons créer un grand Parc d’Economie Sociale et Solidaire sur l’île du Ramier, gisement important d’emplois en lieu et place du Parc des Expositions actuel.
Pour la renaissance culturelle, nous augmenterons la part de la culture dans le budget municipal, rééquilibrerons ainsi culture de prestige et culture du quotidien. Nous aiderons à la mise en place de structures associatives regroupant les acteurs culturels avec pour chacune d’entre elles la mise à disposition de lieux de travail, de création et de représentation. Nous voulons qu’en concertation avec ces structures, plusieurs festivals rythment l’année.
Pour lutter contre les discriminations, nous voulons que la ville de Toulouse donne l’exemple en s’engageant elle-même dans une chartre contre les discriminations. Nous voulons, que dans ses appels d’offre, elle inscrive une clause préférentielle pour les entreprises signant cette chartre. Nous voulons que la ville organise un accompagnement social et juridique pour les personnes victimes de discrimination.
Voici quelques propositions choisies parmi d’autres.
C’est dire si l’heure d’un autre projet est venu. La droite, inféodée à la logique libérale est disqualifiée. La gauche ne peut se contenter d’une seule volonté d’alternance ou d’une radicalité protestataire. Seule une gauche écologique, sociale, citoyenne, peut permettre des actes politiques forts, de ruptures indispensables et responsables. C’est pourquoi nous présentons une liste au premier tour, comptant obtenir un résultat qui pèse pour une fusion de second tour et prendre nos responsabilités dans l’exécutif pour changer la ville.
Poser ces questions essentielles, animer le débat, proposer, battre la droite, changer la gauche prendre nos responsabilités. C’est bien tout le sens de « l’autre liste ». A vous de nous le permettre. »